Avec la puissance des consoles de jeux et ordinateurs actuels, il est possible de retrouver et de réutiliser les meilleurs jeux vidéo et logiciels de vos anciennes machines, qu'elles datent d'aujourd'hui ou des années 70. On appelle ce système "émulation".
Un logiciel qui fait de l'émulation se nomme tout simplement un émulateur. C'est donc un programme capable de faire fonctionner, sur une machine donnée, des jeux et logiciels sensés tourner sur une autre machine. Les émulateurs existent tout aussi bien pour les plus anciennes (ColecoVision, NES, Super Nintendo...) que pour les plus récentes (XBox, PlayStation, Dreamcast, GameCube...). Comment ça fonctionne ?Le principe des émulateurs, c'est d'essayer de fonctionner exactement comme la machine qu'ils émulent. Afin de faire tourner les programmes d'une certaine machine sur une autre, qui ne dispose pas toujours de l'équipement adéquat pour lire le support d'une autre machine (CD, DVD, cartouche...), un émulateur charge le programme à partir d'un support adapté, que la machine sur lequel il fonctionne sait reconnaître et interpréter.
Ainsi, par exemple, pour émuler sur un ordinateur un jeu provenant d'une console employant des cartouches (comme chez Nintendo ou les anciennes Sega), on utilise ce que l'on appelle une "ROM" ou une "image".
Dans ce cas précis, il s'agit d'un fichier informatique comme les autres, qui contient tout le jeu vidéo tel qu'il se trouve sur une cartouche, et qui peut donc être interprété par l'émulateur. Bien sûr, la taille des ROMs varie en fonction de la console, donc de la qualité des jeux : la ROM d'un jeu provenant de la Nintendo NES des années 80 ne pèsera pas le même poids qu'une ROM provenant d'un jeu de la Nintendo 64, par exemple.
On emploie généralement le terme de "ROM" pour les consoles de jeux, le terme d'"image" ou de "disquette-image étant plutôt réservé au monde des anciens ordinateurs de bureau, comme l'Amstrad CPC ou le Commodore 64, en référence aux supports qu'ils utilisaient pour le stockage de données, la disquette. Le principe reste toutefois le même, car il s'agit toujours de fichiers informatiques regroupant le contenu d'une seule disquette.
Créer un émulateur demande beaucoup de documentation technique, beaucoup de programmation, et surtout beaucoup de temps. C'est pour cela qu'un émulateur ne fonctionnera jamais exactement de la même façon que la console ou la machine qu'il émule. En revanche, il apporte souvent de nouvelles fonctionnalités non présentes sur les machines d'origine : enlever les décors d'un jeu, exécuter un programme plus rapidement, lui offrir plus de mémoire, une accélération graphique ou sonore matérielle ou logicielle, etc. Mais... est-ce légal ?Initialement, un logiciel est prévu pour fonctionner sur une machine bien particulière, et l'utiliser sur une autre est normalement interdit par son contrat ou sa licence d'utilisation.
En fait, les premiers émulateurs apparus étaient totalement gratuits, car créés par des passionnés de jeux vidéo, qui souhaitaient retrouver le charme des jeux ayant bercé leur enfance ou leur adolescence. Ils émulaient donc des consoles, des machines, des programmes et des jeux qui n'étaient plus vendu(e)s sur le marché, et qui donc, en théorie, ne rapportaient plus d'argent à leurs propriétaires, ce qui ne les gênait donc pas vraiment, financièrement parlant.
Le problème étant que les émulateurs ont bien progressé aujourd'hui, dérivant ainsi de leur vocation initiale : ils sont désormais capables d'émuler des machines, consoles et programmes encore en vente, et c'est bien de là que vient le problème ; les distributeurs de ces consoles peuvent logiquement perdre de l'argent à cause de ce phénomène, qui existe parce que les émulateurs (et donc leurs auteurs) partent du principe que celui qui les utilise possède la console originale et émulée, ayant ainsi payé, en quelque sorte, le droit d'utiliser les fonctionnalités de la machine, par le biais de l'émulation ou non. Mais, bien entendu, certains utilisent des émulateurs de machines ou de consoles qu'ils ne possèdent pas, créant ainsi un manque à gagner pour les concepteurs des machines émulées.
Les ROMs, disquettes-images et autres variantes des supports pour émulateurs sont soumises aux mêmes règles, selon lesquelles l'utilisateur doit posséder le support original et/ou la licence d'utilisation de tout jeu ou logiciel qu'il émule, à moins que le détenteur des droits d'auteur n'en décide autrement.
Certaines personnes peuvent en effet encourager l'utilisation d'un émulateur pour rééditer, gratuitement ou non, des logiciels qu'elles avaient créés sur une autre machine ou plate-forme. Parmi ces personnes, je pourrais citer mon ami Claude le Moullec, qui vous propose de redécouvrir gratuitement ses programmes pour Amstrad CPC par le biais d'un émulateur, ou la société de jeux vidéo LucasArts, qui réédite quelques-uns de ses plus gros succès commerciaux des années 90 sous la forme d'un pack comprenant les jeux complets et l'émulateur libre ScummVM.
Si vous souhaitez donc utiliser légalement un émulateur, il est de votre responsabilité de vous renseigner au sujet de ses conditions d'utilisation. |